Archive for the 'Street Art' Category

UNDERGROUND HIP-HOP

Mardi, août 26th, 2008

UNDER GROUND HIP-HOP

Le Hip-hop a développé depuis ces dix dernières années une imagerie « bling bling », très éloignée des premières bloc-parties du début des années 80, où les pionniers du mouvement inventaient une nouvelle forme de musique avant de penser à son industrialisation.
Depuis Le Hip-hop a explosé, des labels ont émergé le bizness a pris le dessus sur l’art. Le Rap est passé de la rue au club. Les sujets abordés aujourd’hui sont principalement l’argent facile, les filles faciles, la violence, la drogue et la glorification et la « glamourisation » du gangster’s way of life.
Toute conscience politique, telle que pouvaient la représenter les groupes comme Public Enemy, Krs One, Dead Prez, etc. a disparu.

Néanmoins il existe un milieu underground Hip-hop, essentiellement new-yorkais, qui résiste,  solide comme un roc. Le rapper new-yorkais blanc Necro est le pape du Brutal Rap ou Death Rap, un rap ultra violent et décalé qui ne passe que rarement à la radio et encore moins sur les chaînes musicale comme MTV. Les paroles sont loin du Rap « Bling Bling » (grosses voitures, chaînes en or, gold teeth, etc.). Necro parle de sang, de sexe, de violence sadique, il pousse à l’extrême la violence déjà prédominante du rap jusqu’au grotesque. De par sa démarche, il ne peut qu’évoluer dans un milieu très souterrain, « underground ». Ses clips d’une extrême violence visuelle montre des toxicomanes ou des scènes pornographiques faites pour provoquer le fan de rap ordinaire.
Il y trouve donc une totale liberté d’expression de part sa marginalité assumée. De plus Necro est un des seuls Rappers blancs, ce qui peut être un handicap dans le milieu Hip-hop principalement Black et Latino, où il puise son originalité. Necro joue le rôle du mauvais blanc des banlieues (Brooklyn), celui dont on ne parle jamais.

Une autre exemple de démarche underground est celle de Madlib sur la côte Ouest des Etats Unis en Californie et de son label Stone Throw. Il est une sorte de Freak « allumé ». Sa musique est faite de bribes de musique de vieux disques Soul qu’il triture à sa guise, en y rajoutant des bass électroniques saturés —son père était musicien de jazz. Sa musique étrange est imprégnée de toute la culture Jazz et Soul des années 60 et 70 qu’il a digérée pour en faire une sorte de musique expérimentale parfois abstraite. On parle alors d’abstract Hip-hop  —voir : El-p, Cannibal Ox). Un autre inventeur d’abstract Hip-hop ou new Soul est Jay Dilla, disparu, génie musical des années 1990-2000, qui créa un son pur et minimal avec des ryhtmiques binaires aux sonorités très Soul.

PUNK

Dimanche, août 3rd, 2008

Un mouvement est en général annoncé par un lieu — la boutique Sex pour le punk— ou un magazine —le magazine new-yorkais Punk au début des années 70. Le mouvement punk anglais a vraiment débuté en 1977 à Londres.??La généalogie des Punks s’inscrit dans celle des Mods, premier phénomène identifié de sous-culture urbaine juvénile d’après-guerre. Le mouvement Punk, représente la culture underground au plein sens du terme. Comme pour les Mods, musique, mode vestimentaire, attitude dans la rue, où ils se montrent ostensiblement, constituent une esthétique à part entière spécifique et pour les Punks une forme de vie totale. En matière de codes vestimentaires, les Punks vont aller chercher des panoplies d’objets ordinaires comme l’épingle à nourrice trouvée dans la symbolique visuelle des affiches de mai 68, qu’ils instaureront en système vestimentaire, musical et existentiel inédit. C’est visible de manière éclatante si l’on met côte à côte une affiche de mai 68, sérigraphie en noir et blanc, dont le slogan est « Une jeunesse que l’avenir inquiète trop souvent », où l’on voit une tête comme blessée, enveloppée de bande velpeau tenue par une épingle à nourrice à l’emplacement de la bouche et la cover du disque des Sex Pistols d’Anarchy in the UK, sorti fin 1976,  God Save The Queen, portrait de la reine, où figure l’épingle à nourrice.


L’attitude clanique, la violence, la drogue, la mode et la musique propres aux Punks renvoient à un art issu d’une culture globale d’attitude rebelle dont le modèle peut être la figure du criminel ou de l’artiste que chacun voudrait être. Clockwork Orange (1972) de Stanley Kubrick met en scène la rébellion nihiliste violente d’Alex et ses droogies (amis), avatars des Mods, précurseurs des Punks.
Contrairement aux Mods, le Punk part de la culture qu’on peut qualifier de savante mais deviendra une low culture, une street culture, et donnera des formes de low art. Le jeune Johnny Rotten est repéré par Malcolm McLaren sur le trottoir devant sa boutique Sex, au bout de King’sroad à World’ End à Londres. Il porte un T-Shirt des Pink Floyd sur lequel est écrit « I HATE », ses cheveux sont teints en vert. Malcolm McLaren va devenir le manager du groupe musical des Sex Pistols construit autour de Johnny Rotten. C’est Malcolm McLaren qui est à l’origine le concepteur de ce qu’on peut qualifier d’art punk. Sa référence, c’est le situationnisme de Guy Debord (l’Internationale Situationniste a duré de juin 1958 à septembre 1969) et ce qui l’a précédé le Lettrisme (l’Internationale Lettriste a duré de 1952 à 1957) aussi bien que Mai 68. ??UNE PANOPLIE GRAPHIQUE?Ainsi la panoplie graphique de l’art des covers de disques est reprise des expériences de découpage-collage du livre Mémoires, 1957 de Guy Debord, un livre relié en papier de verre qui « déchire » littéralement et qu’il réalise avec Asger Jorn, du groupe Cobra fondé en 1948. Ce livre est dans la lignée des travaux et des déclarations d’intention d’Asger Jorn : « Soyez modernes,/ collectionneurs, musées./ Si vous avez des peintures anciennes,/ ne désespérez pas./ Gardez vos souvenirs/ mais détournez-les/ pour qu’ils correspondent à votre époque./ Pourquoi rejeter l’ancien/ si on peut le moderniser/ avec quelques traits de pinceaux ?/ Ça jette de l’actualité/ sur votre vieille culture./ Soyez à la page,/ et distingués/ du même coup./ La peinture, c’est fini./ Autant lui donner le coup de grâce./ Détournez./ Vive la peinture. »?Le maître mot est détournement, érigée en théorie par Guy Debord. Ça donnera aussi les tableaux de pop art américain de reprise de détails de comics détachés de leur sens premier. L’art d’Asger Jorn est plus subtil.
Ce livre Mémoires est analysé par Greil Marcus, dans Lipstick Traces, pp.207-209. Le livre situationniste est à fabriquer, pas à écrire. Debord « découpait des livres, des magazines et des journaux, pour en extraire des paragraphes, des formules, des phrases ou parfois de simples mots qu’il dispersa sur quelques pages que son ami Asger Jorn, striait, éclaboussait de lignes colorées, de taches, de souillures et de coulures. Ici et là, des photographies, des réclames, des plans d’immeubles ou de villes, des caricatures, des vignettes de bandes dessinées, des reproductions de gravures sur bois, d’estampes, tous ces éléments, eux aussi, dénichés dans les bibliothèques, des kiosques à journaux, chacun détaché de son contexte d’origine, sans légende; l’ensemble ressemblant plutôt à une glossolalie, au texte fantôme. »?Le graphisme punk, c’est cela en moins pictural. Le tracé, les coulures de peintures sont remplacées par la déchirure des bandes de papiers, l’esthétique typographique de la lettre anonyme, les bandeaux sur les yeux de l’anonymat des photo de presse à scandale sont appliqués sur le portrait photo-montage de Jamie Reid de la reine d’Anarchy in the UK, pur produit de Malcolm McLaren. ??LA MUSIQUE, LA MODE,?« Fabriqué à partir de débris, amas de débris », retraçant l’idéologie des premiers lettristes : « Les arts futurs seront des bouleversements de situation ou rien ». Les situations étant faites de « gestes contenus dans le décor d’un moment », dans le contexte du flux urbain, sont conçues comme des expériences à jouer dans le contexte urbain.
Les paroles d’Anarchy in the UK, c’est dit Greil Marcus, page 19, « le son de la ville quand elle s’écroule » :
Is this the em pee el ay / Or is this the yew dee ay / Or is this the eye rrrrr ay / I thought it was the yew kay / Or just / Another / Country / Another council tenancy!?Est-ce le m.p.l.a. (parti marxiste angolais) / Ou est-ce l’u.d.a. (parti loyaliste nord-irlandais) / Ou est-ce l’i.r.a. / Je pensais que c’était le Royaume Uni / Ou juste / Un autre pays / Un autre office H.L.M.! /
Survivants d’une société de morts vivants qu’ils refusent en acte, les Punks s’habillent « de déchirures et de trous avec des épingles à nourrice et des agrafes à travers la chair aussi bien qu’à travers le tissu, à envelopper leurs jambes dans des sacs-poubelle de différentes tailles, à draper leurs épaules dans des restes de rideaux ou de couvre-lits trouvés dans la rue. Suivant la ligne que McLaren avait créé pour les Sex Pistols et pour les Clash, les gens peignaient des slogans le long de leur manche ou de leur jambe de pantalon….»puis, « le graffiti débordait des guenilles sur le visage, à travers les trous dans la chevelure qui laissaient apparaître la peau du crâne. » Le produit de mode vendu par McLaren devient une culture underground urbaine en rupture , émettrice de signes visuels, langagiers, de musique, « dans un milieu, [résume Greil Marcus, p. 96], façonné par la déliquescence de la scène pop, le chômage des jeunes, la propagation du terrorisme de l’IRA de Belfast à Londres, l’augmentation de la violence urbaine entre les néo-nazis britanniques, les Anglais de couleur, les socialistes, et la police. »

« WALLS IN THE STREET »

Vendredi, août 1st, 2008

http://www.zidovinaulici.org/start-eng.html

Internationally working artists were invited to reconsider one of the basic preconditions of production and representation in the visual arts: the wall. The project exceeds the standard museum presentation by using selected spots in the public space as wall as certain gallery venues in the center of Belgrade.

Lawrence Wiener, « street art conceptuel » …

Des artistes ont été invités à revoir une des conditions fondamentales de production et de représentation dans les arts visuels : le mur. Le projet dépasse la norme du musée, les présentations utilisant des endroits choisis dans l’espace public soit des murs soit certains sites de galeries dans le centre de Belgrade.
Curateurs : Branislava Andjelkovic, Thomas Trummer, Marko Lulic.
Artistes : Mike Bouchet, Uroš Ðuri?, Michael Elmgreen &, Ingar Dragset,Mathilde ter Heijne, Rita McBride, Josephine Meckseper, Sarah Morris, Dušan Otaševi?, Neša Paripovi?, Dan Perjovschi, Robin Rhode, Michael Sailstorfer, Annika Ström, Milica Tomi?, Lawrence Weiner, Amelie von Wulffen, Heimo Zobernig

GRAFFITI CRACK ou IGNORANT : CAP (PRAGUE)

Vendredi, juillet 25th, 2008

GRAFFITI CRACK ou IGNORANT : CAP  (Crew Against People), Prague/République Tchèque

Des points, des trait maladroits, des coulures, un remplissage superflu. Ce sont des éléments qui constituent le style « Crack », comme cela s’appelle, la branche terroriste du graffiti art.

Le tagger de base se dit : « je vais faire “à la manière de” pour être accepté dans le milieu ».
Le crack artist se dit : « je n’aime pas les règles, je fais ce que je veux, je me fiche de l’avis des autres ».
Les passants disent souvent : « c’est laid, ça ne ressemble à rien ».
Si on trouve ça beau, c’est le début de la fin.
Le graffiti n’est pas fait pour embellir les rues comme se plaisent à dire les médias, ni à servir de décoration pour la mode et le commerce. Le graffiti est un rejet de brutalité, une giclure de haine envers la société et le monde. C’est un acte primaire, purement gratuit, comme un enfant qui écrit sur les murs de sa chambre, comme un animal qui marque son territoire.

CAP (Crew Against People), Prague/République Tchèque

Le graffiti de Prague, celui pratiqué par les CAP par exemple est le plus franc et honnête qui soit. Il est exercé par des jeunes étudiants blancs d’Europe de l’est, très loin des hip-hopers new-yorkais.
Il n’ont pas de background « graffiti art », de là découle une fraîcheur et une intensité inégalées. Le mouvement mené par les CAP s’approche des balbutiement du graffiti US des années 70-80, quand les bombes étaient de mauvaise qualité et les règles picturales encore floues. On y retrouve la même spontanéité (voir Blade ou Cliff).
Les graffeurs « crack européen » font du graffiti à leur manière, influencé par leur quotidien. Ils ré-interprètent le graff US, le digèrent, en produisent une version décalée et personnelle. UPSTREAM, le fanzine officiel des CAP de Prague le montre bien.

Un état du débat esthétique à propos de l’« ignorant style » sur le forum
http://www.90bpm.net/forum/index.php?topic=20430.480
du site 90BPM, magazine des nouvelles tendances urbaines, qui sont-ils?
http://www.90bpm.net/

JEAN-MICHEL BASQUIAT

Mardi, juillet 15th, 2008


01. Jean-Michel Basquiat et Andy Warhol, Aging Ali in Fight of Life, 1984.
02. Jean-Michel Basquiat, Untitled, 1984 |

D’abord actif comme jeune graffitiste à New York sous le nom de SAMO [Same Old Shite] ©, Jean-Michel Basquiat (1960-1988) sera un artiste-poète qui renouvelle la peinture et dont l’œuvre est aujourd’hui une valeur commerciale. Personnage ambivalent, clandestin et mondain, le graffitiste SAMO fait d’emblée un art de rue qui revendique sa place dans les galeries et les musées. Il commence par peindre les murs extérieurs des galeries de Soho. Basquiat peintre reprend certains traits que l’on attribue au graffiti : trait rapide et vigoureux, coulures, envahissement de toute la surface accessible. Il revendique l’innocence et la relative maladresse de ceux qui le pratiquent pour mieux exercer le regard critique qu’il porte sur la société américaine. Mais sa peinture chaotique emprunte tout autant au dessin d’enfant et à la tradition des icônes Vaudou.

De façon beaucoup plus radicale que les artistes du Pop-Art qui mettaient en scène les objets, les signes de la société de consommation, Basquiat s’en prend aux codes d’une société où tout semble dépendre de la communication et du zapping, en les parodiant et en les tournant en dérision. Il reste que Basquiat rejoint Warhol au point qu’ils signent ensemble. [image 02]

En définitive, peu d’artistes auront à ce point travaillé le texte comme objet pictural. Ou alors il faudrait, dans un tout autre style et à une toute autre époque, regarder du côté des peintres-calligraphes chinois, dont on sait qu’ils furent souvent considérés comme expressionnistes, excentriques et contestataires. Il est significatif que ce soit dans cette mouvance du graffiti et du cri de révolte que l’alliance du texte et du dessin se réalise avec une telle évidence et une telle radicalité. À la fin de sa vie, Basquiat répète qu’il veut être écrivain. [image 02]

GRAFFITI (HISTOIRE)

Mardi, juillet 15th, 2008


01. 02. Brassaï, photographies de graffiti
03. Tags de style Wicked

On parle déjà de graffiti à propos des traces trouvées dans des abris humains de la préhistoire. Ce sont des inscriptions gravées ou peintes. Mais on assiste depuis plusieurs années à l’émergence de recherches sur les graffiti à la période moderne et contemporaine. Anthropologues mais également historiens s’attachent à l’étude de ces pratiques d’écritures ordinaires dans l’espace public : inscriptions politiques pendant la Commune ou la guerre d’Algérie, pratique du graphe sur les murs des cités ou tags dans le métro. Ce sont des pratiques populaires, clandestines, souvent anonymes, intimes, mais aussi provocatrices, destructrices, contestataires. Et elles relèvent de l’expression plastique, de l’art et de la poésie.

Photographe des rues et de la nuit, Brassaï s’intéresse dès les années 30 au graffiti, au point d’en faire un livre. Il en publie plusieurs dès cette époque dans la revue Le Minotaure, accompagnés de son commentaire qu’il développera, texte après texte, jusqu’à sa mort, parallèlement à ses prises de vue. Il notait sur des carnets, à l’aide de croquis, la présence et la transformation des graffiti sur les murs de Paris. La vision des graffiti est chez Brassaï celle d’un art brut résolument moderne.

C’est dans les années 60 que les grandes métropoles des États-Unis voient se développer la pratique du graffiti comme moyen d’expression des adolescents des classes défavorisées.

Ainsi je donnerai pour exemple le Philly’s Wicked, style de Philadelphie qui se reconnaît par ses lettrages allongés et son trait énergique et confus, épileptique. Ce style veut faire ressortir un aspect brut de vitesse, d’empressement, d’agressivité (comme une catharsis), d’où le nom wicked qui en anglais signifie méchant, malfaisant, espiègle, malicieux. Les lettres déformées sont indéchiffrables pour quelqu’un de non initié. Les acteurs du mouvement Wicked sont : Kad, Razz, Espo, Curve, Rakan, Boza.
Développé dans les années 70, les tags étaient, au moment de leur émergence, des signes de reconnaissance entre gangs. Le lien stylistique avec les fresques mexicaines est due à la forte présence des Portoricains dans le domaine du graffiti. Le film-culte de cette période est Warriors. Les premiers taggueurs associaient à leur nom le nombre correspondant à leur rue comme TARI 183.

Plus tard, le graffiti purement “artistique” s’est développé avec les pionniers du graffiti new-yorkais. À la fin des années 70, la scène artistique internationale voit se multiplier les écoles artistiques plus ou moins issues de ce mouvement, tels la figuration libre avec Robert Combas ou Hervé Di Rosa en France et Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat à New York. On peut chercher les origines de ce style de graffiti dans l’expressionnisme abstrait ou les dessins de Dubuffet, dans le muralisme du Mexique ou de Cuba, mais les références de ces artistes viennent des formes de culture populaire contemporaines, la bande dessinée, le dessin publicitaire, ou encore de la fréquentation des cultures de la Chine et du Japon présentes dans les quartiers et les magazines. Outre la spontanéité, la vitesse, le goût de l’inachevé, du raturé, les graffitis d’artistes sont marqués par un refus de la dimension intellectuelle. Ainsi, Combas ou Basquiat prétendent à un analphabétisme et à une parodie des sous-cultures populaires contemporaines et de l’agression de la communication. (1)

Roland Barthes en opposant graffiti à écriture littéraire, éclairait déjà puissamment ce qu’on peut appeler la pulsion de dessin des graffiteurs ordinaires, dans un texte critique sur la peinture-écriture de Twombly : “le malheur de l’écrivain, sa différence (par rapport au peintre, et spécialement au peintre d’écriture, comme l’est TW), c’est que le graffiti lui est interdit: TW, c’est en somme un écrivain qui accèderait au graffiti, de plein droit et au vu de tout le monde. On sait bien que ce qui fait le graffiti, ce n’est à vrai dire ni l’inscription, ni son message, c’est le mur, le fond, la table; c’est parce que le fond existe pleinement, comme un objet qui a déjà vécu, que l’écriture lui vient toujours comme un supplément énigmatique: ce qui est de trop, en surnombre, hors de sa place, voilà qui trouble l’ordre; ou encore: c’est dans la mesure où le fond n’est pas propre, qu’il est impropre à la pensée (au contraire de la feuille blanche du philosophe), et donc très propre à tout ce qui reste (l’art, la paresse, la pulsion, la sensualité, l’ironie, le goût: tout ce que l’intellect peut ressentir comme autant de catastrophes esthétiques) (3).

1. Voir Art et Langage, Années 80, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Marc Poinsot, Centre d’histoire de l’art contemporain, Rennes, 1988
2. Roland Barthes, L’obvie et l’obtus, Essais critiques III, collection “Tel Quel”, Seuil, Paris, 1982 pp. 145-162 “Lectures : le geste, Cy Twombly ou Non multa sed multum” page 154
Denys Riout, Le Livre du graffiti, Paris, Alternatives, 1990

TAGS/GRAFFS

Mardi, juillet 15th, 2008

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